Philippe est un disciple du Seigneur dont l’évangéliste Luc nous apporte des éléments éclairants sur son ministère en Samarie. Au chapitre 6.1-7 des Actes des apôtres, on apprend que les chrétiens rendent de lui un bon témoignage. L’Esprit du Seigneur repose sur lui, de plus il fait preuve d’une grande sagesse spirituelle. C’est donc tout naturellement qu’il est choisi parmi d’autres pour exercer un ministère diaconal dans l’Eglise des premiers temps. Toutefois, son ministère déborde l’aspect social. Ainsi Luc, l’auteur du livre des Actes, le présente sous les traits d’un évangéliste fidèle et obéissant à la mission pour laquelle le Seigneur l’appelle.

Sa mission en Samarie est couronnée de succès. A ce propos, on peut noter un changement d’attitude chez les Samaritains. Dans un passage de l’évangile de Luc (9.54ss), les Samaritains avaient refusé d’offrir l’hospitalité à Jésus et ses disciples. Cette attitude avait provoqué la colère de Jean et Jacques à tel point qu’ils avaient formulé une prière pour le moins surprenante : « Seigneur, veux-tu que nous commandions que le feu descende du ciel et les consume ? ». Bien entendu, Jésus n’a pas exaucé cette requête, au contraire, il les réprimanda en ces termes : « Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes animés… » Jésus cite plus tard, un exemple du parfait amour qui est porté justement par le bon Samaritain. Luc 10.25ss.

La mission de Philippe à Gaza
Dieu par l’intermédiaire d’un ange ordonne à Philippe de se lever et de se rendre à Gaza.
Il rencontre un eunuque éthiopien, qui revient d’un pèlerinage à Jérusalem.
Il est allé adorer Dieu mais il n’a pas encore donné sa vie au Seigneur. C’est homme religieux qui est en recherche, un homme en chemin. Il cherche Dieu et Dieu assurément le cherche.
Sur le chemin du retour, l’eunuque lit le livre du prophète Esaïe. Il en est arrivé au chapitre 53. Il lit pour tuer le temps. En effet, voyager de Jérusalem au Soudan en char apparaît comme un très long voyage.

L’eunuque lit les Écritures, il nous donne un exemple. Le psalmiste David déclare ceci : « ta parole est une lampe à mes pieds, une lumière qui éclaire mes sentiers » Ps 119.106.
Pendant le confinement, on a pu s’occuper différemment, donc la lecture nous offrait l’occasion de tuer le temps, en lisant la Parole plus souvent, plus fidèlement. Aujourd’hui, nous vivons une révolution numérique. C’est fort intéressant, nous pouvons lire la parole de Dieu sur notre téléphone ou sur notre tablette.

Philippe accourt près du char de l’éthiopien et l’interroge en ces termes : comprends-tu ce que tu lis ? On découvre dans ce verset, l’audace de Philippe, la fidélité dont il fait preuve.
La réponse de l’Africain force l’admiration. Elle est modeste, humble : « Comment pourrais-je comprendre si quelqu’un ne me guide ? »
L’Éthiopien invite Philippe à monter sur son char et s’asseoir à côté de lui pour lui expliquer le sens du passage qu’il était en train de lire.
Philippe prend le temps d’expliquer la parole de Dieu à son interlocuteur.
On se souvient de Jésus qui chemine avec les disciples d’Emmaüs, il prend le temps pour leur expliquer le sens de l’Ecriture.
Pendant deux mois de confinement, nous avons eu du temps. Du temps à consacrer à notre famille, nos proches. Du temps pour lire la Parole, pour prier, pour créer d’autres possibilités d’échanges, de communion, de service….

L’homme de Dieu, c’est celui qui sait accorder du temps à l’autre, pour l’écouter, le conseiller, le soutenir, l’accompagner dans son cheminement spirituel.
Après l’explication du passage d’Esaïe, l’eunuque ouvre son cœur à l’espérance, il croit.
Rappelez-vous au début on a vu un homme en chemin, un homme en recherche. Finalement cet homme ouvre son cœur à Dieu, se donne complètement à Celui qu’il a rencontré sur le chemin de Gaza.
Il croit que Jésus est le Fils de Dieu donc le Messie promis dans les Saintes Écritures.

Dès lors il demande le baptême, qui n’est autre que la manifestation extérieure d’une réalité spirituelle, d’un engagement d’une bonne conscience purifiée par le Christ Jésus. Ce n’est pas Philippe qui le lui propose mais c’est lui qui le réclame, c’est un acte de foi authentique. Écoutons la fin du récit de Luc. Il est dit qu’après avoir reçu le baptême, l’éthiopien poursuivit sa route dans la joie.

Il n’est plus un simple adorateur, un simple lecteur. Le voici transformé par la puissance du Saint Esprit, ainsi il peut poursuivre son chemin tout joyeux.
Joyeux de l’expérience spirituelle qu’il vient d’effectuer. Joyeux d’avoir rencontré un diacre qui lui a enseigné les voies du Seigneur.